Repérable entre mille images, la petite fille aux yeux de chat (ou de serpent ?) sur la pochette de "Beautiful Freak" illustre bien l'étonnement procuré par Eels sur ce premier album. Intrigante, la voix éraillée et fragile de E emmène les chansons du trio californien dans des latitudes à la frontière du classicisme et de la musique marginale américaine. Doté d'un son extrêmement original, "Beautiful Freak" pétille tout du long de mélodies jouissives et de manipulations spectaculaires qui touchent à la perfection sur trois tubes : "Rags To Rags", "Your Lucky Day In Hell" et "Novocaine For The Soul".
Après s’être copieusement dispersé avec les cinq premiers albums de son groupe, qui l’ont vu toucher à tous les styles (folk-rock, glam, punk) et les passer à la moulinette alternative également utilisée par la plupart des groupes américains issus de la même génération, Mark Oliver Everett (E pour les intimes) a regroupé ses billes pour cet ambitieux Blinking Lights and Other Revelations (double-CD, 33 chansons, plus de 90 minutes de musique… à), son disque le plus ouvert et direct à ce jour. Très spirituel et revendiqué comme tel, Blinking Lights… invite à l’introspection via un voyage musical très psychédélique. Tous les genres qu’affectionnent E y sont représentés (la country dans Railroad Man, le reggae dans Mother Mary, la post pop dans Dust of Ages), et c’est sa voix et des arrangements fiévreux qui confèrent son unité à l’album. La sensationnelle Dusk : A Peach In The Orchard a été co-écrite par John Sebastian de Lovin’ Spoonful, tandis que le REM Peter Buck y est allé de quelques lignes de guitares facilement traçables dans To Lick Your Boots.
À écouter en priorité, la formidable ballade I’m Going To Stop Pretending That I Didn’t Break Your Heart.
Depuis le début de sa carrière, Eels aime alterner les albums pop et lumineux avec des œuvres plus obscures et cabossées. Cette fois-ci encore, avec « Souljacker », le groupe prend donc le contre-pied du bucolique « Daisies Of The Galaxies » et plonge dans un univers musical chaotique empli de déraillements sonores et d’instrumentations râpeuses. Mais si « Souljacker » s’avère dans ses orientations artistiques très proche de l’esprit qui régnait dans « Electro-Shock Blues », son humeur générale reste nettement plus optimiste et moins lugubre.
Goûtant à toutes les joies du songwriting, Eels semble réellement prendre un malin plaisir à chanter, à cacher des petites astuces sonores dans les samplers et à truffer ses chansons pop de basses bourdonnantes post-grunge, de violons country-pop, de trompettes déglinguées et de structures punk-pop traversées de digressions folk-jazz. Un disque déroutant et jouissif dont plusieurs écoutes en boucle ne suffiront pas à révéler tous les secrets.
Après avoir été l'une des grandes découvertes de ces dernières années avec son premier album, " Beautiful Freak ", Eels avait un peu refroidi l'enthousiasme général avec un deuxième opus, " Electro Shock Blues ", franchement sombre. Ce troisième album voit E (le leader, chanteur et compositeur du groupe) revenir à une musique plus éclairée, reprenant en fait les choses là où " Beautiful Freak " les avait laissées : pas encore la franche rigolade, certes, mais d'excellents chansons, arrangées avec soin et originalité. Un très bon album, par un grand groupe.
Repérable entre mille images, la petite fille aux yeux de chat (ou de serpent ?) sur la pochette de "Beautiful Freak" illustre bien l'étonnement procuré par Eels sur ce premier album. Intrigante, la voix éraillée et fragile de E emmène les chansons du trio californien dans des latitudes à la frontière du classicisme et de la musique marginale américaine. Doté d'un son extrêmement original, "Beautiful Freak" pétille tout du long de mélodies jouissives et de manipulations spectaculaires qui touchent à la perfection sur trois tubes : "Rags To Rags", "Your Lucky Day In Hell" et "Novocaine For The Soul".
Très prisé des mélomanes que la perfection irrite, E (Mark Oliver Everett) est presque un groupe à lui tout seul malgré la présence de comparses qu’il sollicite pour mettre des bâtons dans les roues de sa pop inspirée des maîtres. Bon plan, il signe les compositions de ce cinquième opus, plus abordable que le solennel « Electro-Shock Blues » de 1996 et moins electro que « Souljacker » paru en 2001. Sorte de Beck la gueule en moins, de Jeff Tweedy sans complexe, E joue cette fois la carte des guitares et du grunge tendre (Saturday Morning) et fait mouche lorsqu’il façonne à la va-vite une sorte de Velvet presque pour rire (Love Of The Loveless).
Usant de ses faiblesses comme d’atouts (l’amateurisme apparent élevé au rang d’art dans Restraining Order Blues), E touche lorsqu’il cultive sa marginalité avec l’élégance de ceux qui sont vraiment nés à côté de la plaque (Fashion Awards).