C'est peu dire qu'il était attendu au tournant. Après deux albums en demi-teintes et un changement de maison de disque, MC Solaar se devait de redresser la barre. C'est chose faite avec ce "Cinquième as", un nouvel opus digne de ses premiers essais discographiques, "Qui sème le vent..." et "Prose combat". Digne seulement ? Non, meilleur. Excepté deux featuring incertains (Bambi Cruz et Don Xeré Delavega), cet album est un sans faute : notre homme a retrouvé le sens de la formule et la maîtrise du verbe qui claque sans esbroufe. Il nous livre ainsi quelques textes étonnants (dont le mystique "Solaar pleure" et le glaçant "Arkansas", les plus belles réussites), où l'envie de changer le monde côtoie une irrésistible nostalgie d'une enfance révolue, deux thématiques qui lui sont chères.
MC Solaar serait-il le révolutionnaire du rap français, tentant "d'allumer plein de foyers comme a pu le faire le Che" ("Guérilla") ? En tout cas, l'artiste continue de revendiquer, se place en éditorialiste de la rue (il joue même un reporter dans "Jardin d'Eden"), fou des mots et des sonorités de la langue française… Ses préoccupations du moment ? L'Afrique, qui lutte toute seule contre ses maux ("Hijo de Africa"), un amour de "Jumelles", les déambulations d'un jeune artiste ("Today is a Good Day"), la discrimination ("Souvenir")… N'oubliant jamais de jouer avec les références et d'être drôle ("Faut beaucoup d'amour, d'espièglerie, c'est le pays de Gandhi"), Mc Solaar, aidé d'un orchestre symphonique, est vraiment à la frontière du rap et de la chanson.
C'est peu dire qu'il était attendu au tournant. Après deux albums en demi-teintes et un changement de maison de disque, MC Solaar se devait de redresser la barre. C'est chose faite avec ce "Cinquième as", un nouvel opus digne de ses premiers essais discographiques, "Qui sème le vent..." et "Prose combat". Digne seulement ? Non, meilleur. Excepté deux featuring incertains (Bambi Cruz et Don Xeré Delavega), cet album est un sans faute : notre homme a retrouvé le sens de la formule et la maîtrise du verbe qui claque sans esbroufe. Il nous livre ainsi quelques textes étonnants (dont le mystique "Solaar pleure" et le glaçant "Arkansas", les plus belles réussites), où l'envie de changer le monde côtoie une irrésistible nostalgie d'une enfance révolue, deux thématiques qui lui sont chères.
Devenu une star grâce à son premier album, Solaar enfonce le clou avec "Prose Combat". Composé par Jimmy Jay et le duo Boom Bass (futurs princes de la french touch avec leur groupe Cassius), ce deuxième opus contient en effet quelques pépites : "Nouveau Western" qui sample le "Bonnie And Clyde" de Gainsbourg, "Obsolète" et "La Concubine de l'hémoglobine"... Notre homme a trouvé son style, jouant avec les mots et les attitudes pour mieux en faire ressortir la quintessence. Recommandable.