Mal accueilli par la critique mais élevé au statut d'album culte par les fans, Pornography achève dans les ténèbres la boucle entamée par Seventeen Seconds. Son extrême noirceur est accentuée par une texture sonore ayant gagné en amplitude, écrasée par la batterie de Lol Tolhurst et la voix presque suppliante de Robert Smith. La basse perce à peine, battement de cœur étouffé dans des flots de synthés ("Cold"), les guitares, douloureuses, stridentes ("One Hundred Years", "Strange Days"), résonnent comme un cauchemar schizophrène d'une effroyable beauté qui se désintègre dans un hallucinant magma sonore, "Pornography", et une promesse de renaissance ("I must fight this sickness, find a cure") qui enverra The Cure vers les sommets des charts, trois ans plus tard, avec The Head On The Door.
Tournant le dos à la morbidité autodestructrice, The Head On The Door est l'album le plus pop et le plus limpide de The Cure. Robert Smith et ses musiciens sont en grande forme : Simon Gallup, le bassiste chéri, est de retour et Lol Tolhurst reprend les claviers. Les morceaux sont tous très accessibles et partent avec bonheur dans toutes les directions : guitares flamenco ("The Blood"), claviers japonisants ("Kyoto Song"), etc. Positif et éclectique, ce disque regorge de hits immédiats ("In Between Days", "Close To Me") sans oublier les climats romantiques chers à Robert Smith ("Six Different Ways"). L'album de la consécration commerciale même si certains anciens fans du groupe crieront à la trahison.
" Bloodflowers " était censé achever une fausse trilogie (soi disant " Pornography "/ " Disintegration "/ " Bloodflowers " alors qu'il n'existe qu'une seule vraie trilogie dans la carrière du groupe, légendaire enchaînement de " Seventeen Seconds "/ "Faith "/ "Pornography ") et en même temps, achever au sens propre la carrière des Cure sur une bonne note après le catastrophique " Wild Mood Swings "... Malgré ses qualités, " Bloodflowers " n'était en aucuns cas le chef-d'oeuvre annoncé par Robert Smith, et la nouvelle d'un énième album, produit cette fois-ci par un ponte du Nu-Metal (Ross Robinson, qui travaillait avant avec Korn), avait de quoi faire frémir plus d'un fan. Pourtant, dès les deux premiers titres, " Lost " (et son " I can't find myself " en écho du mythique " I must find this sickness, find a cure ") et " Labyrinth ", l'auditeur est transporté dans une intensité pas entendue depuis les furies psychédéliques de " The Top ", " Pornography " ou l'épisode The Glove avec Severin. Smith n'a pas chanté aussi bien depuis des lustres, et Robinson sait faire sonner les Cure comme un vrai groupe et non comme une machine à écumer les stades. Adieu donc batteries titanesques et synthés boursouflés, les Cure jouent désormais l'essentiel, ce qu'ils n'avaient pas fait depuis plus de dix ans. Arrivent ensuite des chansons qui, si elles n'atteignent jamais le niveau de l'âge d'or (1980-1985) s'en tirent plutôt bien en abordant les deux facettes de ce groupe unique, soit la pop (" The End Of The World ") qui l'a rendu célèbre, et le psychédélisme pourpre des années sombres (" Lost ", " Labyrinth ", " Anniversary ", très gothique, mais aussi " Us Or Them " qui évoque " Shake Dog Shake ") qui l'a rendu aimé. Sans doute pas aussi bon que " Pornography ", " The Cure " est en tout cas sans aucun problème le meilleur album du groupe depuis " Disintegration " en 1989. Une bonne nouvelle...
Voila un album grandiose. Ici, on a affaire à un album très long, très athmosphèrique (rappelant faith avec beaucoup + d'instruments), avec des chansons magiques. Il n'y a rien à jeter. Du pur bonheur !!! Les morceaux forts sont "plainsong", "prayers for rain", "the same deep water as you" et surtout "disintegration". Même les titres sorties en singles sont très bons.....
Mal accueilli par la critique mais élevé au statut d'album culte par les fans, Pornography achève dans les ténèbres la boucle entamée par Seventeen Seconds. Son extrême noirceur est accentuée par une texture sonore ayant gagné en amplitude, écrasée par la batterie de Lol Tolhurst et la voix presque suppliante de Robert Smith. La basse perce à peine, battement de cœur étouffé dans des flots de synthés ("Cold"), les guitares, douloureuses, stridentes ("One Hundred Years", "Strange Days"), résonnent comme un cauchemar schizophrène d'une effroyable beauté qui se désintègre dans un hallucinant magma sonore, "Pornography", et une promesse de renaissance ("I must fight this sickness, find a cure") qui enverra The Cure vers les sommets des charts, trois ans plus tard, avec The Head On The Door.