Paru en 1973, mais joué en concert dès 72 comme une longue suite sous le nom d'"Eclipse", c'est l'album définitif du Floyd, le fruit d'un travail d'orfèvre en studio. A tous les niveaux cet album constitue un sommet, un chef-d'oeuvre au sens premier. Que ce soit par le design, le son bien sûr (l'album de référence pour les tests de chaînes hi-fi pendant plus de dix ans), la qualité des chansons et de l'interprétation, le Floyd atteint là une sorte de perfection formelle qu'il aura bien du mal à dépasser (il lui faudra deux ans pour sortir un nouvel album). Le succès sera évidemment au rendez-vous, avec un tube pop ("Money", le premier single du groupe depuis 69) et un record de longévité dans les charts américains (qui se chiffre en années).
L'album définitif du psychédélisme anglais, enregistré en 1967 dans le studio voisin de celui où les Beatles accouchent de "Sgt Pepper". Le Pink Floyd est alors l'instrument de Syd Barrett, génie cintré et leader irresponsable, qui quittera le groupe peu après. Deux longues pièces aux expérimentations sonores hardies dominent ce disque ("Interstellar Overdrive" et "Astronomy Domine") sur lequel on retrouve aussi de petites merveilles pop ("Chapter 24" et surtout "Mathilda Mother") ainsi que des titres plus dépouillés qui annoncent ce que produira Barrett en solo ("The Gnome", "Flaming"). Une musique toute en couleurs et en inventions explosives dont personne (même pas le Floyd survivant) ne semble plus connaître le secret de fabrication.
Le troisième Pink Floyd, paru en 1969, est un double album. La partie live comprend quatre titres classiques de l'époque : "Astronomy Domine", de Barrett, "Saucerful Of Secrets" et "Set The Control For The Heart of The Sun" du deuxième album, ainsi que "Careful With That Axe, Eugene", inédit. L'album studio est constitué de quatre séquences, où chaque musicien expérimente quasiment en solo. Wright livre une suite électroacoustique planante, Mason quelques collages sonores de percussions, Waters un titre acoustique chanté qui prouve qu'il est finalement le plus influencé par Barrett (il l'avoue, c'est Syd qui le poussa à composer) tandis que Gilmour empile les guitares acoustiques et slide sur une plage qui annonce "Meddle". Baroque.
En 1971, après diverses expérimentations (le psychédélisme du premier album, l'électroacoustique sur "Ummagumma", la musique de film pour "More", le néoclassicisme sur "Atom Heart Mother"), Pink Floyd livre sur ce sixième album une musique beaucoup plus polie et accessible. Une face est consacrée à de belles chansons courtes, l'autre au long morceau de bravoure qu'est "Echoes", la quintessence du Floyd classique : on ne parle plus alors de musique psychédélique, mais de "space rock", que nous appellerons par ici "musique planante". L'expérimentation a cédé la place à l'évasion, tant sur le plan sonore que chimique (le cannabis remplace le LSD).
8 albums remasterisés en 1992 - The pinkFloyd Early Singles - Livre de 112 pages - 6 cartes postales. compilation en anglais (CD album). Que du bonheur... Un investissement indispensable pour tous les fans d'une légende qu'on espére encore vivante...
Double album conceptuel et opéra-rock particulièrement ambitieux, "The Wall" est essentiellement l'oeuvre de Roger Waters, compositeur, arrangeur, bassiste et chanteur, ayant fait appel au producteur Bob Ezrin (Lou Reed, Alice Cooper, Kiss, etc) pour enfanter, non sans douleur, ce monstre protéiforme. Autobiographique, "The Wall" symbolise l'isolement émotionnel de Waters qui évoque son père absent, sa mère abusive, et la rigidité d'un système scolaire implacable l'ayant traumatisé à vie. Le héros de ce règlement de comptes, la rock-star Pink, finit par s'imaginer dictateur, son public devient son peuple et la folie meurtrière dans laquelle il sombre s'avère irréversible. A méditer avec vigilance.