Dédié à Syd Barrett, génial fondateur de Pink Floyd resté bloqué en plein voyage lysergique en 1967, "Wish You Were Here" est le digne successeur de "The Dark Side Of The Moon" et constitue l'album le plus planant du Floyd, comme en témoignent la longue suite en deux partie, "Shine On You Crazy Diamond" et la poignante ballade acoustique "Wish You Were Here". Deux titres, plus électriques et plus nerveux ("Welcome To The Machine", "Have A Cigar"), parachèvent cet opus majeur sur fond de textes paranoïaques et torturés. Un grand millésime à savourer chambré.
Paru en 1973, mais joué en concert dès 72 comme une longue suite sous le nom d'"Eclipse", c'est l'album définitif du Floyd, le fruit d'un travail d'orfèvre en studio. A tous les niveaux cet album constitue un sommet, un chef-d'oeuvre au sens premier. Que ce soit par le design, le son bien sûr (l'album de référence pour les tests de chaînes hi-fi pendant plus de dix ans), la qualité des chansons et de l'interprétation, le Floyd atteint là une sorte de perfection formelle qu'il aura bien du mal à dépasser (il lui faudra deux ans pour sortir un nouvel album). Le succès sera évidemment au rendez-vous, avec un tube pop ("Money", le premier single du groupe depuis 69) et un record de longévité dans les charts américains (qui se chiffre en années).
Double album conceptuel et opéra-rock particulièrement ambitieux, "The Wall" est essentiellement l'oeuvre de Roger Waters, compositeur, arrangeur, bassiste et chanteur, ayant fait appel au producteur Bob Ezrin (Lou Reed, Alice Cooper, Kiss, etc) pour enfanter, non sans douleur, ce monstre protéiforme. Autobiographique, "The Wall" symbolise l'isolement émotionnel de Waters qui évoque son père absent, sa mère abusive, et la rigidité d'un système scolaire implacable l'ayant traumatisé à vie. Le héros de ce règlement de comptes, la rock-star Pink, finit par s'imaginer dictateur, son public devient son peuple et la folie meurtrière dans laquelle il sombre s'avère irréversible. A méditer avec vigilance.
Le troisième Pink Floyd, paru en 1969, est un double album. La partie live comprend quatre titres classiques de l'époque : "Astronomy Domine", de Barrett, "Saucerful Of Secrets" et "Set The Control For The Heart of The Sun" du deuxième album, ainsi que "Careful With That Axe, Eugene", inédit. L'album studio est constitué de quatre séquences, où chaque musicien expérimente quasiment en solo. Wright livre une suite électroacoustique planante, Mason quelques collages sonores de percussions, Waters un titre acoustique chanté qui prouve qu'il est finalement le plus influencé par Barrett (il l'avoue, c'est Syd qui le poussa à composer) tandis que Gilmour empile les guitares acoustiques et slide sur une plage qui annonce "Meddle". Baroque.
8 albums remasterisés en 1992 - The pinkFloyd Early Singles - Livre de 112 pages - 6 cartes postales. compilation en anglais (CD album). Que du bonheur... Un investissement indispensable pour tous les fans d'une légende qu'on espére encore vivante...
L'album définitif du psychédélisme anglais, enregistré en 1967 dans le studio voisin de celui où les Beatles accouchent de "Sgt Pepper". Le Pink Floyd est alors l'instrument de Syd Barrett, génie cintré et leader irresponsable, qui quittera le groupe peu après. Deux longues pièces aux expérimentations sonores hardies dominent ce disque ("Interstellar Overdrive" et "Astronomy Domine") sur lequel on retrouve aussi de petites merveilles pop ("Chapter 24" et surtout "Mathilda Mother") ainsi que des titres plus dépouillés qui annoncent ce que produira Barrett en solo ("The Gnome", "Flaming"). Une musique toute en couleurs et en inventions explosives dont personne (même pas le Floyd survivant) ne semble plus connaître le secret de fabrication.