Bien conscient de l’aspect visuel de leur musique et des nombreuses images qu’elle était susceptible d’engendrer, Pink Floyd a eu un pied dans le cinéma dès le début de sa carrière. Tourné au début des années 70, avant et pendant l’enregistrement de The Dark Side Of The Moon, ce documentaire du français Adrian Maben diffusé en 1974 est un film de concert sans public donné dans l’amphithéâtre en ruines de Pompéi. Des images de sculptures, de mosaïques érodées, de paysages et des techniciens de l’équipe (?) s’intercalent ici entre d’excellentes versions de Careful With That Axe Eugene, Us And Them, Brain Damage ou Set The Controls For The Sun, mais Live At Pompeii vaut également par les séquences du groupe en studio, durant l’enregistrement de leur chef-d’œuvre, The Dark Side Of The Moon.
Les amis des animaux goûteront à coup sûr Mademoiselle Nobbs, un blues “chanté” par un chien (une chienne probablement) mais les amateurs du groupe, nombreux, pourraient bien déplorer que sa bande-son n’ait pas été remixée en 5.1, une hérésie pour un groupe pareil…
Le troisième Pink Floyd, paru en 1969, est un double album. La partie live comprend quatre titres classiques de l'époque : "Astronomy Domine", de Barrett, "Saucerful Of Secrets" et "Set The Control For The Heart of The Sun" du deuxième album, ainsi que "Careful With That Axe, Eugene", inédit. L'album studio est constitué de quatre séquences, où chaque musicien expérimente quasiment en solo. Wright livre une suite électroacoustique planante, Mason quelques collages sonores de percussions, Waters un titre acoustique chanté qui prouve qu'il est finalement le plus influencé par Barrett (il l'avoue, c'est Syd qui le poussa à composer) tandis que Gilmour empile les guitares acoustiques et slide sur une plage qui annonce "Meddle". Baroque.
Paru en 1973, mais joué en concert dès 72 comme une longue suite sous le nom d'"Eclipse", c'est l'album définitif du Floyd, le fruit d'un travail d'orfèvre en studio. A tous les niveaux cet album constitue un sommet, un chef-d'oeuvre au sens premier. Que ce soit par le design, le son bien sûr (l'album de référence pour les tests de chaînes hi-fi pendant plus de dix ans), la qualité des chansons et de l'interprétation, le Floyd atteint là une sorte de perfection formelle qu'il aura bien du mal à dépasser (il lui faudra deux ans pour sortir un nouvel album). Le succès sera évidemment au rendez-vous, avec un tube pop ("Money", le premier single du groupe depuis 69) et un record de longévité dans les charts américains (qui se chiffre en années).
Dédié à Syd Barrett, génial fondateur de Pink Floyd resté bloqué en plein voyage lysergique en 1967, "Wish You Were Here" est le digne successeur de "The Dark Side Of The Moon" et constitue l'album le plus planant du Floyd, comme en témoignent la longue suite en deux partie, "Shine On You Crazy Diamond" et la poignante ballade acoustique "Wish You Were Here". Deux titres, plus électriques et plus nerveux ("Welcome To The Machine", "Have A Cigar"), parachèvent cet opus majeur sur fond de textes paranoïaques et torturés. Un grand millésime à savourer chambré.
Bien conscient de l’aspect visuel de leur musique et des nombreuses images qu’elle était susceptible d’engendrer, Pink Floyd a eu un pied dans le cinéma dès le début de sa carrière. Tourné au début des années 70, avant et pendant l’enregistrement de The Dark Side Of The Moon, ce documentaire du français Adrian Maben diffusé en 1974 est un film de concert sans public donné dans l’amphithéâtre en ruines de Pompéi. Des images de sculptures, de mosaïques érodées, de paysages et des techniciens de l’équipe (?) s’intercalent ici entre d’excellentes versions de Careful With That Axe Eugene, Us And Them, Brain Damage ou Set The Controls For The Sun, mais Live At Pompeii vaut également par les séquences du groupe en studio, durant l’enregistrement de leur chef-d’œuvre, The Dark Side Of The Moon.
Les amis des animaux goûteront à coup sûr Mademoiselle Nobbs, un blues “chanté” par un chien (une chienne probablement) mais les amateurs du groupe, nombreux, pourraient bien déplorer que sa bande-son n’ait pas été remixée en 5.1, une hérésie pour un groupe pareil…
En 1971, après diverses expérimentations (le psychédélisme du premier album, l'électroacoustique sur "Ummagumma", la musique de film pour "More", le néoclassicisme sur "Atom Heart Mother"), Pink Floyd livre sur ce sixième album une musique beaucoup plus polie et accessible. Une face est consacrée à de belles chansons courtes, l'autre au long morceau de bravoure qu'est "Echoes", la quintessence du Floyd classique : on ne parle plus alors de musique psychédélique, mais de "space rock", que nous appellerons par ici "musique planante". L'expérimentation a cédé la place à l'évasion, tant sur le plan sonore que chimique (le cannabis remplace le LSD).