"Homogenic" concrétise toutes les ambitions posées dans le précédent album de remixes, "Telegram". Délaissant le format chanson et la mélodie joyeuse, Björk avance sur le terrain de l'expérimentation sonore et se lance dans l'élaboration de structures complexes, quasiment avant-gardistes. Introspectif et sombre, "Homogenic" met à jour les tourments et l'aspect le plus violent de la personnalité de Björk, met en valeur le relief entre des textes bruts et violents et de longues plages musicales où l'atonalité d'un quatuor à cordes se combine avec les rythmiques glacées d'une techno intelligente. Plus statiques que ces précédentes productions, les compositions ne s'adressent plus aux jambes des clubbers mais épousent les méandres d'une musique sentimentale, mélancoliquement pop et atmosphérique.
Avec "Post", Björk prend le pouvoir sur sa propre musique et si l'équipe sollicitée pour la réalisation de "Debut" est encore bien présente sur ce deuxième album, sa marge de manouvre est par contre bien réduite. Simple interprète de chansons collectives, la muse islandaise éclôt comme une réelle auteur-compositeur, déterminée à emmener ses chansons dans un territoire aux confins du jazz, de la comédie musicale et de la musique électronique. Cette volonté d'expérimenter à tout prix sans jamais perdre le fil conducteur, cette cohésion musicale malgré la jonglerie entre les styles marque la réelle affirmation de Björk comme une artiste de première importance. Timorée sur "Debut", sa voix la suit dans cet élan libérateur et prend aussi une gigantesque ampleur, en explorant tous les champs d'expression depuis les ballades éthérées ("Isobel") jusqu'au concours de puissance avec un big band sur "It's oh so quiet".
A peine divorcée des Sugarcubes, Björk se lance dans l'aventure solo entourée des pointures de la musique électronique : Nellee Hooper et Howie B. Admirablement servie par ces sorciers de la dance, Björk sculpte un joli brouillard ambient-house à son imaginaire enfantin et décline un conte musical pour grands enfants. Picturales, amplifiées par des sections de cordes et des tablas contrôlés par Talvin Singh, les dix chansons de ce premier album brillent de fraîcheur et d'innocence. Conçues à plusieurs mains, elles dévoilent une chanteuse exceptionnelle pour qui le format Sugarcubes était devenu trop étroit.
une compilation des quelques premiers pas de la chanteuse avant sa période solo, jusqu'à des inédits composés très récemment et arrangés avec le soin découvert au cours des derniers albums. Une petite merveille qui fera certainement des envieux pour son contenu très fouillé. Attention à disposer d'un lecteur pour CD 6 cm!
Mike Patton de Fantomas/ Mr Bungle, le chanteur classique Gregory Purnhagen, Robert Wyatt, le musicien inuit Tagaq, les producteurs/programmeurs Mark Bell, Valgier Sigurdsson de Mum, Olivier Alary et Jake Davies, la liste des collaborateurs au nouvel album de Björk est sans fin. Réputée pour savoir s'entourer, l'Islandaise n'y est pas allée de main morte cette fois, pour un résultat qui s'inscrit, somme toute, dans la suite logique de Vespertine, son dernier opus publié en 2001. De Pleasure Is All Mine à Triumph Of A Heart en passant par Vokuro ou Oceania, la princesse de l'electro-pop branchée confirme qu'elle gère aujourd'hui une véritable fabrique de sons avec sous ses ordres une armée de collaborateurs qui abondent tous dans le sens de ses chansons souvent très inspirées mais parfois un peu caricaturales dans leur conception. Meilleur moment de cette livraison de chocolats blancs découpés dans la banquise, Submarine en duo irréel avec Robert Wyatt
Le coffret live parfait. Il n'y a rien à redire. Le packaging est bien plus pratique et plus beau que celui du Family Tree, et la sélection des morceaux est juste parfaite (avec la perle "so broken"). Indispensable.