1998, après l'énorme Mellon Collie And The Infinite Sadness, difficile d'éviter l'impasse pour les Smashing Pumpkins. Continuer dans cette lancée pop rock/métal au goût psychédélique aurait projeté la bande de Corgan contre un mur, celui de la limite de l'inspiration. Le groupe comprend alors qu'il faut négocier un virage habile, une sorte de parenthèse, un repos bien mérité avant de fouler à nouveau les terres du rock pur. Adore paraît alors, et ce quatrième volet des aventures Pumpkiniennes ressemble fort à un terrain de jeu, des règles plus ou moins bien négociées, des chansons qui jouent à cache-cache dans un labyrinthe confus mais captivant, et une équipe avec un joueur en moins, Jimmy Chamberlain, le batteur le plus intéressant de la planète rock. Néanmoins, le résultat est convaincant, saisissant de loyauté, d'honnêteté. Le trio de Chicago explore de nouveaux horizons musicaux, mélodies plus suaves, guitares en sourdine, et influences new wave gothique évidentes (Corgan est un fanatique des Cure et de Bauhaus). En résulte des morceaux d'une touchante simplicité comme Annie Dog, Blank Page ou To Sheila, mais aussi une violence désormais beaucoup plus contenue dans Pug ou Tear. Si Adore était un film, il aurait les couleurs d'un Tim Burton, ses penchants irrationnels, sa part de rêve remplie de grâce et d'horreur à la fois, mais surtout sa formidable volonté de ne pas céder aux pressions de l'ordre établi : ici, l'un des plus grands groupes rock ne joue plus de rock sur son nouvel album, et ce contre toute attente. Liberté d'exécution et belle leçon d'indépendance, telles sont les conclusions que l'on peut tirer d'un disque comme celui-ci.
À l’heure où l’on apprend que Billy Corgan est en train de finaliser le premier album de Zwan, son nouveau groupe mis sur pied avec Jimmy Chamberlin, ancien batteur des Smashing Pumpkins, Delabel met les bouchées doubles et, après la compile parue l’an passé, propose cet album live d’une quinzaine de titres. Louable initiative en fait, car pour beaucoup d’amateurs, c’est justement sur scène que cette formation de rock majeure des années 90 donnait toute sa mesure.
Extraites principalement des albums Gish et Siamese Dream, et couvrant la période 1989/94, les versions proposées ici, très électriques ou calmes comme entre deux tempêtes, sont véritablement édifiantes. On proposera d’écouter en priorité Disarm, enregistrée à la télévision anglaise en 1993, Cherub Rock version unplugged pour MTV, Superstar à Barcelone et Soma, telle que jouée sur des planches londoniennes.
Beaucoup de rumeurs ont couru sur cet album au succès mondial. Billy Corgan aurait fait preuve d'autorité, voire de dictature musicale lors de l'enregistrement du disque. Unique compositeur de la totalité de " Siamese Dream ", Corgan aurait aussi joué lui-même de tous les instruments -batterie comprise- durant les séances studio. Bref, le songwriter impose ses règles du jeu dès 1993, explicitement dictées avec en toile de fond un narcissisme aigu qui pousse, selon les personnes, aussi bien à l'admiration qu'à l'indignation : Butch Vig toujours aux manettes sur cet album, en sortira "épuisé moralement". Le chanteur concoctera les morceaux qui feront des Smashing Pumpkins un groupe rock de plus en plus majeur et proche de la consécration. Cherub Rock, Today, Disarm et autre Rocket, autant de tubes en puissance s'enchaînant de manière cohérente et finalement évidente : on sent d'emblée que les Smashing Pumpkins ne trichent pas avec eux-mêmes, donc avec le public, tant les chansons sont sans concessions, ne portant jamais le fardeau de la démagogie ou de la facilité, à l'époque où il était pourtant si facile de tomber dans le post- nihilisme grunge. Avec " Siamese Dream ", Billy Corgan, James Iha, D'Arcy et Jimmy Chamberlain cimentent sérieusement leur réputation de groupe réellement créatif déjà acquise deux ans plutôt. Le cap du " toujours-difficile-deuxième-album " est brillamment passé.
The Smashing Pumpkins - Mellon Collie and the infinite sadness - Double album. Album schizophrène dira-t-on. Album magnifique aussi, le pari insensé de ne rien laissé de côté, le pari de faire un double album rock, à la manière du "Double Blanc" des Beatles. Sorti en octobre 1995, "Mellon Collie." marque l'apogée du groupe, David Bowie dira même lors d'un show télévisé français que les Smashing Pumpkins sont pour lui le groupe le plus intéressant et le plus créatif qu'il ait jamais entendu, rien que ça . Ce troisième chapitre de la carrière des Pumpkins contient vingt huit titres, et aucun à négliger. Pari réussi donc si l'on en juge l'engouement de la critique, et celui du public (album du groupe le plus vendu à ce jour). Pour les plus réticents, "Mellon Collie." est un disque indigeste (deux heures de musique) et malade. Exercice narcissique d'un songwriter à double personnalité trop soucieux de sa vie artistique. D'où le terme "disque schizophrénique" maints fois employé par la presse spécialisée qui a du mal à s'y retrouver entre des morceaux d'une rare mélancolie (les magnifiques Stumbleine, 1979, Bodies, Tonight Tonight ) et des titres jubilatoires à tendance prophétiques (Muzzle, Zero, Love). Malgré tout, on ne peut que s'incliner devant ce disque énorme, cet opéra rock aux émotions contradictoires qui forment un tout, un aboutissement du travail gargantuesque qu'a impliqué la parution de ce double CD. N'ayons pas peur des superlatifs, à l'heure des bilans: il s'agit peut-être ici du plus bel album rock des années 90. Mais la question va au delà de ces soucis de classement, Mellon Collie And The Infinite Sadness est un disque qui plane au dessus des autres, comme une référence insaisissable.
1998, après l'énorme Mellon Collie And The Infinite Sadness, difficile d'éviter l'impasse pour les Smashing Pumpkins. Continuer dans cette lancée pop rock/métal au goût psychédélique aurait projeté la bande de Corgan contre un mur, celui de la limite de l'inspiration. Le groupe comprend alors qu'il faut négocier un virage habile, une sorte de parenthèse, un repos bien mérité avant de fouler à nouveau les terres du rock pur. Adore paraît alors, et ce quatrième volet des aventures Pumpkiniennes ressemble fort à un terrain de jeu, des règles plus ou moins bien négociées, des chansons qui jouent à cache-cache dans un labyrinthe confus mais captivant, et une équipe avec un joueur en moins, Jimmy Chamberlain, le batteur le plus intéressant de la planète rock. Néanmoins, le résultat est convaincant, saisissant de loyauté, d'honnêteté. Le trio de Chicago explore de nouveaux horizons musicaux, mélodies plus suaves, guitares en sourdine, et influences new wave gothique évidentes (Corgan est un fanatique des Cure et de Bauhaus). En résulte des morceaux d'une touchante simplicité comme Annie Dog, Blank Page ou To Sheila, mais aussi une violence désormais beaucoup plus contenue dans Pug ou Tear. Si Adore était un film, il aurait les couleurs d'un Tim Burton, ses penchants irrationnels, sa part de rêve remplie de grâce et d'horreur à la fois, mais surtout sa formidable volonté de ne pas céder aux pressions de l'ordre établi : ici, l'un des plus grands groupes rock ne joue plus de rock sur son nouvel album, et ce contre toute attente. Liberté d'exécution et belle leçon d'indépendance, telles sont les conclusions que l'on peut tirer d'un disque comme celui-ci.
" Pisces Iscariot " pourrait être considéré comme un album à part entière des Smashing Pumpkins. Il s'agit en fait d'une collection de " faces B " sortie après " Siamese Dream ". Comme pour faire patienter l'auditeur jusqu'à la sortie de " Mellon Collie " deux ans plus tard, le groupe livre ces titres qui n'ont pas à pâlir devant ceux d'un " véritable " album. En effet, il est difficile de ne pas tomber sous le charme de la totalité des chansons qui composent " Pisces Iscariot ", ambiance coin de cheminée et petite laine, avec tout de même deux ou trois poussées d'adrénaline purement exquises.