"Make it funky, the big payback", tout est dit dans le titre. Un best, enfin plutôt un must ! Versions originales et intégrales. Le bonus (live)à la fin du deuxième album symbolise bien la période des chansons choisies : "hot pants" !
Retraçant l’épopée mythique de James Brown, – ici en compagnie des JB’s originaux (les frères Collins, Bobby Byrd, Jabo Starks) –, vers les transes du funk hardcore à l’orée des années 70, « Funk Power » contient en ses sillons le groove le plus percutant que le maître ait jamais enregistré.
Brillance virtuose des musiciens, cohésion indestructible du groupe, chant au cordeau, compositions magistrales du Godfather (pour la plupart élaborées avec la paire Byrd/Lenhoff), telles sont les composantes qui subliment la musique de cette compilation tardive.
Outre la puissance de feu de la majorité des titres (Super Bad, Get Up, Get Into It, Get Involved, Give It Up and Turn It a Loose), le plus de cette anthologie par rapport à l’album « Sex Machine » est qu’elle présente en leur intégralité les versions de Soul Power et de Talkin’ Loud and Sayin’ Nothing, ainsi qu’une mouture alternative de Sex Machine.
Prosélytes glorieux du funk old-school, les enregistrements de cette période bénie cristallisent ainsi le pinacle de la carrière du Godfather. De fait, par la suite et en dépit d’excellents disques, James Brown ne retrouvera plus jamais la contention démoniaque de « Sex Machine ».
Il faut un certain aplomb à James Brown, parrain de la soul et de toute musique noire susceptible d'inciter, dans l'ordre, à la fête, à la danse puis au vice, pour revenir en 2003 avec un album de nouveautés et titres revisités, rehaussé de deux remix, intitulé The Next Step (la prochaine étape), comme s'il en était au prologue de sa carrière. Mais voilà, certainement plus âgé que ses artères bouillonnantes, la sex machine ne s'arrête jamais, tourne sans répit, enregistre comme on respire. Un vrai gamin. Cette nouvelle galette l'envoie fricoter avec ces rythmes hip-hop et R&B qui encanaillent la jeunesse et dont il avait déjà fait le tour, il y a trente ans, en une intro de légende calquée sur son rythme cardiaque. Plus en voix (et en jambes…) que jamais, le vieux prophète règle leur sort aux genres (Motivation, Sunshine), revenant invariablement et en collaboration avec le producteur/compositeur Derrick Monk à l'essence d'un style dont il a posé les fondations d'une main, il y a des lustres, tout en frétillant du bassin. Histoire de rappeler que cet homme-là est avant tout né pour les femmes, Send Her Back To Me défile sous une pluie de pizzicati le temps d'un slow à l'ancienne, sensuel et groovy, balancé au ras de la moquette orange…
Certainement l'album le plus concret sur James Brown. Morceaux musicaux et vocaux se cotoient pour former un cocktail détonnant de soul et de funk des plus délicieux. Ce double album est sans conteste un tres bon choix !