Auprès du public, "Ariodante", créé à Londres en 1735 ne jouit pas de la popularité des "Giulio Cesare" ou autre "Alcina" du même Haendel. Et pourtant. L'ouvre est charnière dans la production du compositeur : le chour et l'orchestre participent davantage à l'action, le cadre de l'aria da capo est au bord de la rupture, et la psychologie y est plus fouillée. Familiers du répertoire, les Musiciens du Louvre charrient une matière orchestrale épaisse, chargée de sentiments et d'expression, néanmoins ductile et virtuose, d'une justesse stylistique irréprochable. Tout l'art de Minkowski consiste à diriger "Ariodante" avec l'engagement qu'aurait tout chef face à un Mozart ou un Strauss : c'est une vraie direction d'opéra - théâtrale - car tirant sa substance de la vie des mots.
On connait la qualité des enregistrements d'opéras baroques par René Jacobs : ce Rinaldo est encore une réussite ! R. Jacobs a su s'entourer de chanteurs jeunes et dynamiques dont Vivica Genaux qui nous démontre tout son talent pour interpréter des rôles autrefois tenus par des castrats. Ce disque offre donc un éclairage nouveau. Loin de concurrencer la version Hogwood/Bartoli/Daniels, il la complète. A noter un livret très complet dans lequel René Jacobs jusitie certains partis pris de son orchestration. A noter aussi une très agréable présentation des disques.
Auprès du public, "Ariodante", créé à Londres en 1735 ne jouit pas de la popularité des "Giulio Cesare" ou autre "Alcina" du même Haendel. Et pourtant. L'ouvre est charnière dans la production du compositeur : le chour et l'orchestre participent davantage à l'action, le cadre de l'aria da capo est au bord de la rupture, et la psychologie y est plus fouillée. Familiers du répertoire, les Musiciens du Louvre charrient une matière orchestrale épaisse, chargée de sentiments et d'expression, néanmoins ductile et virtuose, d'une justesse stylistique irréprochable. Tout l'art de Minkowski consiste à diriger "Ariodante" avec l'engagement qu'aurait tout chef face à un Mozart ou un Strauss : c'est une vraie direction d'opéra - théâtrale - car tirant sa substance de la vie des mots.
L'attente et les espoirs n'en finissaient plus depuis les premières soirées d'amsterdam en 2001...voici donc l'ultime version minkowskienne de Cesare avec une nouvelle distribution...OUT la Bartoli , nous héritons d'un Cesare fougueux ,de feu et de fer qui domine haut la main la distribution.En face la Reine brille d'adresse , d'un peu de grace et de conviction et nous transporte bien loin dans ses airs les plus beaux et les plus tragiques , seulement son travail au niveau des récitatifs est plutôt monotone et fade à l'instar des sms d'adolescents. Son Petit frère ,lui , nous enchante avec ses nuances subtiles mais est trop politically correct pour nous exciter....pas assez borderline , pas assez fin race ! Quant à la Patricienne Cornelia , alias la veuve de Pompée sauve au disque une incarnation certes dramatique mais musicalement peu engageante...Enfin , le reste de la distribution relève un peu plus ce défi discographique avec une A.S Von Otter liftée et travestie en jouveanceau vindicatif et un Pascal Bertin définitivement castré en eunuque... Ici , on devine un Minkowski un tantinet fatigué par 40 représentations , car les réflexes paraissent parfois un brin mécaniques... pour un résultat au demeurant supérieur et exemplaire. Articulation de l'intrigue , dramatisation des situations , portraits des personnages , nuances de leurs états d'ämes....tout y est !! Que retenir de Cesare ? De Minkowski ? Peut- être une fête où l'Amour vivrait toutes ses facettes , de l'attirance au coup de foudre , de la sensualité au désespoir...avec une note de désinvolture chère aux coeurs purs et orgueilleux.