Contrairement aux albums précédents, « The Soft Parade » prend du temps pour être enregistré : en fait, le groupe est en plein flottement et Jim Morrison semble beaucoup plus préoccupé par la littérature que par ses activités en studio. Du coup, Robby Krieger donne de nouvelles colorations au rock des Doors (abondance de cuivres et de cordes, digressions country).
Boudé à sa sortie, cet album presque « atypique » recèle cependant de vrais petits trésors, à commencer par Wild Child que le Roi Lézard co-signe avec son amie Pamela.
Sorti en février 1970, « Morrison Hotel » marque un retour des Doors aux bonnes vieilles valeurs d’antan : un rock âpre et nerveux, sans arrangements superflus. Cet album reste sans aucun doute le plus bluesy du groupe californien, le plus « roots ». Aujourd’hui encore, on est surpris par l’énergie brute de Roadhouse Blues, par exemple, un des morceaux de bravoure de cet album brut de décoffrage.
Mais Jim Morrison voit de gros nuages noirs s’accumuler au-dessus de sa tête (drogue, alcool, procès… rien ne va plus !). La fin, déjà proche, rôde comme un fantôme…
Dans la collection des Bright Midnight, ce live à l'Aquarius Stadium de Hollywood s'inscrit dans la période post-Miami des Doors. Contrairement à la couverture, Jim avait sa barbe (en 70) et son intonation de voix est beaucoup plus faible qu'auparavant. Pour ainsi dire, il poursuit sa descente aux enfers... Cependant la prestation musicale est excellente, subliminale. On regrette le manque d'audace de Jim, mais c'est une période de sa vie qu'il faut respecter. Attendez vous à d'autres lives de cette collection, notamment celui de Chicago.
Neuf mois après leur premier album, les Doors sont de retour avec un album plus fouillé, plus travaillé que le précédent (on est alors à l’aube des enregistrements en huit pistes et le groupe californien profite de ces nouvelles possibilités ; Ray Manzarek expérimente même les premiers Moogs !).
« Strange Days » révèle un groupe complexe et inspiré à travers des titres beaucoup moins évidents, souvent très littéraires bien que toujours provocateurs (Love Me Two Times sera d’ailleurs censuré par les radios), hantés par la poésie d’un Jim Morrison de plus en plus fiévreux.