Une porte s'ouvre. découvrant un des groupes majeurs de la fin des sixties. Dès ce premier album, sorti aux premiers jours de l'année 1967, les Doors empilent avec rage ce qui va vite devenir leurs "classiques". Monument acid rock ("Break On Through To The Other Side"), envolée lyrique ("Cristal Ship"), clin d'oil à Kurt Weill ("Alabama Song"), hommage à Willie Dixon et Howlin' Wolf ("Back Door Man"), rock lumineux calibré hit ("Light My Fire") et long épilogue aux allures freudiennes ("The End").
Tout est dit ou presque. Le reste, tout le reste sera du bonus. Et quel bonus !
La rage des débuts fait place à la sophistication et à un certain romantisme. Jim Morrison et ses Doors sont désormais des stars et semblent moins sur la brèche que par le passé, moins assoiffés de tension et d'électricité. Du coup, à quelques exceptions près ("Five To One", ou le très beau et très cinglant "The Unknown Soldier"), le ton est plus léger, plus romantique parfois ("Hello, I Love You", inspiré des Kinks et vite hit-single, ou "Love Street"). L'album de l'apaisement. au moins en apparence.
Si les Doors ont, encore aujourd’hui, la réputation d’être un grand groupe de scène, c’est bien sûr à cause du jeu intempestif de son chanteur Jim Morrison, de ses incartades incessantes, de ses coups de sang imprévisibles. Tout cela donne forcément des « live » assez hachés, ponctués de pauses et de temps morts.
Malgré ces réserves, ce double album sorti en juillet 1970 (et enregistré à Boston, Detroit, Philadelphie, Los Angeles, New York et Pittsburgh, lors de leur tournée de 1969) capture bien l’énergie folle d’un groupe entré dans la légende. Un document !