Pour beaucoup, ce copieux double CD recèle le Saint Graal du rock and roll. Compilant tous les premiers et historiques enregistrements de 1954, il capte Elvis tel qu’il ne sera jamais plus : sauvage, naïf, hoquetant, se lançant dans des aigus qu’il ne visitera plus par la suite, et totalement déchaîné. A ses côtés, un groupe dépouillé et minimal (Scotty Moore à la guitare, Bill Black à la contrebasse slappée, puis DJ Fontana à la batterie) donne naissance à un genre : le rockabilly. Les séances Sun ont été maintes fois compilées, mais « Sunrise » est la version la plus recommandable : un CD réunit les Masters, l’autre assemble les alternate takes.
Ici, Elvis est un jeune roi se lançant à la conquête du monde sans le savoir. Après, il le fera en toute conscience, ce qui fait toute la différence. A titre d’exemple, un essai de plusieurs centaines de pages a été consacré à une seule chanson tirée de ces séances, le bouleversant Mystery Train, sans aucun doute l’un des sommets les plus étincelants jamais atteints dans la musique populaire…
Incarnant le grand retour du King, récemment dégagé des guimauves hollywoodiennes dans lesquelles il s’est fourvoyé pendant huit ans, au sein de l’empyrée du succès, « From Elvis In Memphis », paru en 1968, restera à jamais l’un des disques les plus poignants et déchirants qu’il ait jamais enregistrés.
Chaque titre de cet album magistral, dont la réussite artistique se trouve décuplée par la puissance vocale de choristes noires et le professionnalisme exemplaire des musiciens de studio, déborde d’une vivante émotion. De fait, Elvis semble à la limite du point de rupture sur Any Day Now, True Love Travels On a Gravel Road, In The Ghetto, Gentle On My Mind et Only The Strong Survives, tant la qualité indicible de son chant sur ces morceaux semble matérialiser le désespoir par la seule puissance de son organe vocal.
Les autres plages du disque, comme Wearin’ That Loved On Look, Power of My Love et Long Black Limousine, sont l’occasion pour lui de démontrer une nouvelle fois, si besoin en était, la vigueur fervente et désinvolte de son chant sur des rock plus nerveux.
Ainsi, quatorze ans après les Sun Sessions et huit ans après son retour du service militaire, le King prouvait avec ce disque qu’il demeurait, sans contredit et au grand dam de Frank Sinatra, le plus grand chanteur blanc que le show-business ait jamais enfanté.
« Today, Tomorrow & Never » s’avère un coffret indispensable pour tout fanatique du roi Presley. Contenant quatre disques revisitant la carrière du King à travers des prises alternatives, des morceaux inédits et des live de haute facture – le premier se focalisant sur les débuts glorieux de l’icône américaine dans les années 50, le deuxième sur la période hollywoodienne, le troisième sur le come-back foudroyant de la fin des années 60 et le quatrième sur le périple à Las Vegas des années 70 –, le coffret présente également l’intérêt de proposer des vidéos, à savoir des extraits de films et de concerts enregistrés à Little Rock en 1956 et à Las Vegas en 1970, mais aussi de comporter un livret détaillé de 44 pages, véritable mine d’or pour tout aficionado d’Elvis qui se respecte.
Pour beaucoup, ce copieux double CD recèle le Saint Graal du rock and roll. Compilant tous les premiers et historiques enregistrements de 1954, il capte Elvis tel qu’il ne sera jamais plus : sauvage, naïf, hoquetant, se lançant dans des aigus qu’il ne visitera plus par la suite, et totalement déchaîné. A ses côtés, un groupe dépouillé et minimal (Scotty Moore à la guitare, Bill Black à la contrebasse slappée, puis DJ Fontana à la batterie) donne naissance à un genre : le rockabilly. Les séances Sun ont été maintes fois compilées, mais « Sunrise » est la version la plus recommandable : un CD réunit les Masters, l’autre assemble les alternate takes.
Ici, Elvis est un jeune roi se lançant à la conquête du monde sans le savoir. Après, il le fera en toute conscience, ce qui fait toute la différence. A titre d’exemple, un essai de plusieurs centaines de pages a été consacré à une seule chanson tirée de ces séances, le bouleversant Mystery Train, sans aucun doute l’un des sommets les plus étincelants jamais atteints dans la musique populaire…