Dès son premier album, Led Zeppelin frappe fort, avec un son totalement nouveau (même s'il doit beaucoup à Cream et au Jeff Beck Group), basé sur des couches de guitares finement travaillées, le jeu de batterie lourd et précis de John Bonham et la découverte de l'immense chanteur qu'est Robert Plant. Le blues est évidemment à l'honneur, avec deux reprises de Willie Dixon ("You Shook Me" et "I Can't Quit You Babe") et une adaptation superbe de "Baby I'm Gonna Leave You", mais les titres originaux sont tout aussi excellents, entre premiers pas du hard rock ("Good Times Bad Times", "Communication Breakdown") et restes de psychédélisme hérité des Yardbirds ("Dazed And Confused"). Un tournant de l'histoire du rock.
Après le succès énorme de ses deux premiers albums plombés, Led Zeppelin lève le pied. Pas au niveau de la qualité, bien au contraire, mais de l'agression sonore. Jimmy Page ressort sa guitare sèche, se souvient de son admiration pour Bert Jantsch et Davey Graham, pionniers du folk anglais des sixties mélangeant racines celtiques et dérives orientales. Cela donne six titres à dominante acoustique, surprenants et réussis. Bien sûr, l'électricité et la sauvagerie ne sont pas abandonnées ("Immigrant Song", "Celebration Day" et "Out On The Tiles"), mais il y a surtout "Since I've Been Loving You", chanson parfaite : Page n'a jamais aussi bien joué et Plant n'a jamais si bien chanté que sur ce long blues magique, totalement inspiré.
Tout, absolument tout ce que le Zep a enregistré en studio, superbement présenté : des digipacks de deux CD chacun, avec reproduction des pochettes originales et copieux livrets sur très beau papier. Le luxe ultime pour les fans du groupe qui n’ont pas les albums en CD, car il est utile de préciser que ce coffret ne contient aucun inédit.
The very best of Led Zeppelin Early days and later days. S’il est un groupe qui a su marier puissance et finesse, c’est bien celui-ci. Ces quatre garçons aériens (à ne pas confondre avec les garçons dans le vent), comme le dirigeable dont ils empruntent le nom (une idée de Keith Moon, batteur des Who), ont marqué le rock’n’roll au fer rouge des Gibson. Cette compilation regroupe leurs plus grands chefs-d’œuvre dans un double CD qui vous mène (via l’escalier) vers le paradis musical. Après avoir donné un nouveau souffle au rock’n’roll qui s’embourgeoisait, en posant les bases du hard-rock (Whole Lotta Love) et montré sa maestria dans d’autres genres comme le blues (Since I’ve Been Loving You ) ou le folk (Baby, I’m Gonna Leave You), le dirigeable incontrôlable pousse ses expérimentations un peu plus loin en incorporant des synthétiseurs sans rien perdre de sa puissance originelle (le progressif Achilles Last Stand). Mais, s’il y a deux chefs-d’œuvre à retenir de ce Best Of, ce sont bien le légendaire Stairway to Heaven (quelle montée en puissance !) ainsi que l’oriental et hypnotique Kashmir aux cordes de velours et au rythme implacable.
En 1980, la tornade Zeppelin s’arrête en même temps que le tonnerre Bonham. Finalement, Led Zeppelin s’est consumé sans jamais s’écraser. Cette compilation nous prouve que ces alchimistes du rock’n’roll sont bien des cosmonautes ; toujours au-dessus des autres…
Probablement le meilleur album du groupe, alors à l'apogée de son art. On y retrouve le traditionnel équilibre entre hard rock terriblement excitant (les célèbres "Black Dog" et "Rock And Roll", mais aussi l'obsédant "Misty Mountain Hop") et ballades folk somptueuses ("The Battle Of Evermore" où Plant chante en duo avec la grande Sandy Denny et "Going To California"). Ceci est parfaitement illustré par la chanson la plus connue du groupe, l'épique "Stairway To Heaven", véritable tour de force musical, où l'atmosphère et le tempo évoluent de la délicatesse acoustique à la furie électrique, mais également par le plus obscur "When The Levee Breaks", qui préfigure l'orientation future que prendra Led Zeppelin sur des titres comme "Kashmir".
Après l'accident de Planty, il fallait se remettre au boulot. Le résultat ? Un album s'ouvrant sur le punchy Achille's last stand et s'achevant sur Tea for One et ses 9min30, le plus grand blues jamais écrit. Merveilleux. Remarque, c'est un led zep',donc...