Il n’existait jusque là qu’un seul live officiel de Led Zeppelin, le catastrophique « The Song Remains The Same ». Les millions de fans de ce groupe capable d’exploits surhumains en concert désespéraient d’entendre un jour le Zeppelin dans toute sa splendeur. Ceux-là peuvent dire adieu à leur ancestral exemplaire de « The Song… » et se précipiter vers coffret triple CD les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes. Au programme, et sur trois CD, deux concerts enregistrés les 25 et 27 juin 1972, à Los Angeles. Le groupe est alors au summum de sa carrière, a sorti quatre premiers albums parfaits et s’apprête à révéler « Houses Of The Holy » (dont plusieurs morceaux sont joués durant ces performances). Le résultat est tout simplement confondant : jouant avec une grâce diabolique, le groupe est capté à son zénith. Des morceaux folk aux furies électriques, tout est parfaitement joué (Bonham, en particulier, est saisissant), avec un sens du groove hallucinant, parfaitement enchaîné, et souvent, dans baignant dans une démesure que peu de groupes peuvent se targuer de maîtriser (25 minutes pour « Dazed And Confused », 23 pour un « Whole Lotta Love » exterminateur…).
« How The West Was Won » est non seulement le meilleur live de Led Zeppelin, ce qui est facile, mais compte désormais surtout comme l’un des dix meilleurs live de tous les temps. Naturellement, le son est parfait, puisque c’est Jimmy Page qui s’est chargé de concocter cette merveille.
Jimmy Page, le Stravinsky de la guitare électrique. Jimmy avait tout compris, notamment la révolution déclenchée par Hendrix. Aussi le premier titre de ce disque fut la réponse foudroyante des quatre Anglais à l'Experience : Whole Lotta Love, 1969, cinq minutes de délire stéréo rougeoyant, un incendie pyrotechnique où chaque musicien apporte sa science instrumentale ou vocale pour attiser les flammes d'un brasier digital. Hendrix adorait les divagations zeppeliniennes, il avait une passion pour le batteur John « Bonzo » Bonham : « Ce gars a un coup de pied rapide comme un coup de castagnette », disait-il avec admiration
Après le succès énorme de ses deux premiers albums plombés, Led Zeppelin lève le pied. Pas au niveau de la qualité, bien au contraire, mais de l'agression sonore. Jimmy Page ressort sa guitare sèche, se souvient de son admiration pour Bert Jantsch et Davey Graham, pionniers du folk anglais des sixties mélangeant racines celtiques et dérives orientales. Cela donne six titres à dominante acoustique, surprenants et réussis. Bien sûr, l'électricité et la sauvagerie ne sont pas abandonnées ("Immigrant Song", "Celebration Day" et "Out On The Tiles"), mais il y a surtout "Since I've Been Loving You", chanson parfaite : Page n'a jamais aussi bien joué et Plant n'a jamais si bien chanté que sur ce long blues magique, totalement inspiré.
Probablement le meilleur album du groupe, alors à l'apogée de son art. On y retrouve le traditionnel équilibre entre hard rock terriblement excitant (les célèbres "Black Dog" et "Rock And Roll", mais aussi l'obsédant "Misty Mountain Hop") et ballades folk somptueuses ("The Battle Of Evermore" où Plant chante en duo avec la grande Sandy Denny et "Going To California"). Ceci est parfaitement illustré par la chanson la plus connue du groupe, l'épique "Stairway To Heaven", véritable tour de force musical, où l'atmosphère et le tempo évoluent de la délicatesse acoustique à la furie électrique, mais également par le plus obscur "When The Levee Breaks", qui préfigure l'orientation future que prendra Led Zeppelin sur des titres comme "Kashmir".
Après l'accident de Planty, il fallait se remettre au boulot. Le résultat ? Un album s'ouvrant sur le punchy Achille's last stand et s'achevant sur Tea for One et ses 9min30, le plus grand blues jamais écrit. Merveilleux. Remarque, c'est un led zep',donc...