Arrivé au bout de sa logique heroic-rock clinquant, U2 est allé chercher les producteurs Daniel Lanois et Brian Eno, pour s'échapper vers d'autres contrées musicales. Ici, seul le single "Pride (In The Name Of Love)" rappelle la flamme héroïque des tubes précédents ("Gloria", "New Year's Day", Sunday Bloody Sunday") ; le reste du disque serpente dans des grands espaces hallucinatoires aux sonorités atmosphériques, noyées dans un brouillard ambiant. Appuyées sur des rythmiques étouffées, les guitares de The Edge tissent de longues séquences aquatiques et Bono maîtrise sa voix pour donner un chant à la fois plus lointain et enrichi de nouvelles modulations, comme sur l'élégiaque "Bad" ou "MLK". Le meilleur album du groupe durant les années 80.
Et voilà le "petit" groupe de Dublin projété en 1980 sur la scène internationale. Bono se consacrant à l'écriture des textes, quoiqu'encore rudimentaire The Edge exploite son potentiel à la guitare, tout cela pour donner naissance à de petits bijoux tels que: I will follow, Out of control, A Day Without Me. De vrai petits bijoux et un pur plaisir pour nos oreilles !
L'album qui mit le monde à genoux en 1987. En prolongeant le travail entrepris sur « The Unforgettable Fire » (producteurs, sons et obsessions américaines sont reconduits), « The Joshua Tree » fut le carton absolu. En Angleterre évidemment, troisième album d'affilée du groupe à être directement numéro un et album certifié platine le plus rapidement de l'histoire (28 heures !). Mais surtout aux USA, où l'album ainsi que les deux singles With Or Without You et I Still Haven't Found What I'm Looking For furent numéro un. Avec un disque plutôt sombre, U2 était devenu le plus grand groupe du monde. Et même les journalistes parlaient de chef-d'œuvre : c'est dire...
Le grand classique du U2 première période, ce « War » de 1983 était le troisième album du groupe, toujours produit par l'omniprésent Steve Lillywhite (également futur producteur des Pogues et de son épouse Kirsty McColl, fille d'Ewan). Ce fut le bon : entré directement numéro un des charts anglais, il consacra U2 aux Etats-Unis, qui devint alors un groupe de stades. L'album est constitué de dix chansons aux allures d'hymnes, tout particulièrement les fameux New Year's Day et Sunday Bloody Sunday, au contenu fortement engagé traitant du fameux dimanche sanglant irlandais. Un album incontournable, qui marqua l'éclosion d'un nouveau genre, le rock héroïque (Simple Minds, Big Country, etc.).