On a longtemps accusé Noel Gallagher d’être un plagiaire hors pair, n’ayant pas son pareil pour recycler les classiques de la pop pour étayer la qualité de ses compositions. Or, les contempteurs d’Oasis auront de quoi jaser avec ce nouveau disque, tant la ressemblance est frappante entre des titres comme Hung in a Bad Place avec le No Fun des Stooges ou encore (Probably) All The Mind avec le Rain des Beatles.
Toutefois, cette légère critique mise à part, « Heathen Chemistry » s’annonce comme le véritable retour artistique d’Oasis à une pop mélodieuse et inspirée. The Hindu Times, enluminé d’un refrain aux chœurs glam, a tout du single imparable ; Hung In a Bad Place est un rock nerveux, sur lequel la voix de Liam Gallagher fait des merveilles ; Songbird, délicieuse ballade composée par Liam, ainsi que She Is Love, auraient pu être écrites par un Paul McCartney illuminé trente ans plus tôt, et Born on a Different Cloud, hommage implicite à George Harrison que dénote un solo de guitare digne de l’Angelo Mysterioso en plein milieu du morceau, évoque le John Lennon habité de l’époque « Imagine ».
En l’espèce, « Heathen Chemistry » est peut-être un album franchement moyen des Beatles, mais assurément un grand disque d’Oasis.
Depuis quelque temps, il est de bon ton de railler Oasis pour la qualité déclinante de ses disques au fil des ans. Pourtant, force est d’avouer que « Be Here Now », succédant aux feux d’artifice sonores que furent « Definitely Maybe » et « Morning Glory », n’est pas aussi mauvais qu’on veut bien le croire. La voix de Liam Gallagher, compte tenu de la faiblesse de certaines mélodies du disque, y prend une tournure quasi épique en insufflant une énergie salvatrice à des titres comme My Big Mouth, I Hope, I Think, I Know et It’s Gettin’ Better (Man !!), titres à l’entrain communicatif qui prouvent avec panache que l’inspiration artistique du groupe est toujours au rendez-vous.
Du reste, quelques plaisantes mélodies, comme Be Here Now et Stand By Me, rehaussent encore un peu plus la qualité de cet opus qui, s’il n’est pas l’un des meilleurs du groupe, demeure toutefois un excellent album de pop/rock. C’est déjà ça !
Après "Be Here Now" dont les quelques défaillances étaient, selon les intéressés en personne, imputables à l'excès de drogue consommées par les frères Gallagher, Oasis décide de resserrer les boulons pour son quatrième album : " Standing On The Shoulder Of Giants ". Celui-ci, qui s'ouvre à un psychédélisme ravageur toujours très beatlesien (Go Let It Out ! , Who Feels Love ?) et à des influences Led Zep jusqu'ici insoupçonnables (le féroce intrumental Fuckin'In The Bushes), ne devrait certainement pas décevoir les fans du groupe comme il devrait dans le même temps convaincre les déçus. Tous les ingrédients du Oasis classique sont présents, avec une production plus aérée qu'auparavant. Grande première, une composition tout à fait honorable de Liam Gallagher : Little James, dédié au fils que sa femme Patsy Kensit a eu avec le chanteur des Simple Minds, Jim Kerr. Les anciens bad boys seraient donc définitivement assagis.
En 1994, alors que le public rock s’assoupissait tristement sur les cendres encore fumantes du grunge américain, surgit de nulle part Oasis, groupe mancunien ingérant et revisitant habilement les grandes heures de la pop britannique. En l’espèce, le premier disque du quintet, « Definitely Maybe », a tout du classique : les mélodies des morceaux, qui font déjà la part belle à l’insatiable turbine à singles du groupe, sont imparables (Live Forever, Supersonic, Slide Away) ; le guitariste Noel Gallagher n’a peut-être jamais aussi bien joué que sur ce disque (pour preuve les solos de Bring It On Down et Cigarettes & Alcohol que l’on jurerait calqués sur ceux du James Williamson des grandes heures) et le travail de production, qui imprime un effet d’écho sur le voix de Liam pour des titres comme Shakermaker, n’est pas sans rappeler celui du grand Phil Spector pour un certain John Lennon vingt-cinq ans plus tôt.
« Definitely Maybe », qui cinglait alors avec fougue une pop britannique moribonde, s’avère donc un achat indispensable pour tous ceux qui veulent comprendre les rictus de suffisance qui altèrent depuis le visage des frères Gallagher.