Ben Harper se lance dans la soul et se prend pour un nouvel Otis Redding, aidé et entouré par les Blind Boys Of Alabama, véritables légendes du gospel. Le résultat est parfait et délicieusement seventies, évoquant certains disques des Staples Singers, avec guitare wah wah et trémolo subtil. C'est un Ben Harper ressourcé et passionnant dans cet exercice roots qui montre même de temps en temps un retour aux perles de "Welcome To The Cruel World", comme le très beau morceau "11th Commandment" qui voit sa guitare refaire des miracles avant que le chanteur ne se plonge dans le blues ancestral des années 30 le temps du sublime "Well Well Well". Le meilleur album de Ben harper depuis des lustres.
Grosse surprise pour ceux qui avaient découvert Ben Harper avec "Welcome To The Cruel World". "The Will To Live", troisième album, débute avec des guitares saturées et une batterie énorme. Rarement le plus pessimiste des hommes, Harper charrie ici son lot d'inquiétudes, évoquant divers sujets délicats, dont l'écologie, un thème qui le passionne. "Homeless Child" est un blues primitif qui aurait pu être enregistré dans les années quarante, "Number Three", instrumental fragile, renoue avec la délicatesse acoustique du premier album, et "Roses From My Friend" sonne comme du Lou Reed chanté par Curtis Mayfield. Toutes références de premier choix pour un album varié et plus accessible que les précédents.
En débarquant avec ce premier album sous le bras en 1993, Ben Harper, sans se faire remarquer chez lui aux Etats-Unis, fit chavirer le coeur des Français. Entre Ry Cooder (pour son usage quasi exclusif de la guitare "slide"), Bob Marley, Ritchie Havens, Neil Young et Bob Dylan, son folk triste et plaintif rejoignait également les grands dépressifs du blues d'avant-guerre, Skip James et Blind Willie Johnson en tête. Certains morceaux comme le sublime "The Three Of Us" - poignant instrumental - , "Waiting On An Angel" ou le caribéen "Mama's Got A Girlfriend" s'approchent de la perfection, tandis que d'autres mettent carrément le doigt dessus, comme cet impérial "Pleasure And Pain", son inoubliable mélodie et ses textes à double sens (le SIDA ?). "Like A King" évoquait à la fois Rodney et Martin Luther du même nom, tandis que Ben Harper lançait sa carrière avec ce disque qui, pour beaucoup, reste son meilleur.
Ben Harper & The Innocent Criminals - Burn to shine
Pour son quatrième album, Ben Harper et son groupe les Innocent Criminals, décident d'enfoncer le clou via un extrémisme appliqué à toute la palette d'émotions caractérisant habituellement le chanteur/guitariste. Le morceau "Burn To Shine" est un gros boogie que ne renieraient pas les Black Crowes, "Suzie Blue" baigne dans des arrangements jazz des années trente, et "In The Lord's Arms" est une sorte de néo-gospel folk qui voit Harper se mettre à nu avec une irradiante ferveur, tout comme dans "The Woman In You" et "Two Hands Of A Prayer". Un beau disque, qui aura nécessité six mois de préparation. D'où son impressionnante perfection.
Ben Harper se lance dans la soul et se prend pour un nouvel Otis Redding, aidé et entouré par les Blind Boys Of Alabama, véritables légendes du gospel. Le résultat est parfait et délicieusement seventies, évoquant certains disques des Staples Singers, avec guitare wah wah et trémolo subtil. C'est un Ben Harper ressourcé et passionnant dans cet exercice roots qui montre même de temps en temps un retour aux perles de "Welcome To The Cruel World", comme le très beau morceau "11th Commandment" qui voit sa guitare refaire des miracles avant que le chanteur ne se plonge dans le blues ancestral des années 30 le temps du sublime "Well Well Well". Le meilleur album de Ben harper depuis des lustres.
Ben Harper, The Blind Boys of Alabama - Live at then Apollo. En 2004, Ben Harper a créé l’événement en enregistrant avec les Blind Boys Of Alabama, un groupe vocal invité au début et à la fin de ses shows au cours de sa dernière tournée européenne. Parce que Ben Harper ne fait jamais les choses à moitié ou sans passion, There Will Be A Light a pris des allures d’authentique collaboration, chacun contribuant à des titres essentiellement originaux, ou mettant un point d’honneur à revisiter avec brio Well, Well, Well de Bob Dylan et Danny O’Keefe. Ce concert, enregistré l’an passé au mythique Apollo de New Harlem, permet d’apprécier la fructueuse collaboration en live. Le show démarre par l’instrumental 11th Commandment puis Harper et ses prestigieux invités se consacrent à leur répertoire commun. Ils le laissent ensuite seul sur les planches pour une partie acoustique qui précède un retour des bouillants Innocent Criminals (le groupe de Ben). De la soul pop et moderne, à même le chaudron.