"With My Own Two Hands" comme à Kingston, "When It's Good" remonté du Delta ou "Diamonds On The Inside", folk-rock susceptible de s'immiscer sur toutes les ondes et les lèvres du monde, Ben Harper continue de séduire en jouant le pluralisme. Le reggae, le blues, le rock en bois et le folk assis sont ses vraies valeurs et, lorsqu'il ose titiller le psychédélisme ("Touch From Your Lust") ou pousser la mélodie vers des nuages de cordes et d'accordéon ("When She Believes"), ce singer-songwriter déterminé parvient presque à émouvoir. Crédible comme Lenny Kravitz lorsqu'il affirme que "c'était mieux avant", Ben Harper n'en reste pas moins concerné par aujourd'hui ("Temporary Remedy"), même si les chroniques amoureuses transies au pied levé ("She's Only Happy In The Sun") se révèlent sa spécialité.
Ben Harper & The Innocent Criminals - Burn to shine
Pour son quatrième album, Ben Harper et son groupe les Innocent Criminals, décident d'enfoncer le clou via un extrémisme appliqué à toute la palette d'émotions caractérisant habituellement le chanteur/guitariste. Le morceau "Burn To Shine" est un gros boogie que ne renieraient pas les Black Crowes, "Suzie Blue" baigne dans des arrangements jazz des années trente, et "In The Lord's Arms" est une sorte de néo-gospel folk qui voit Harper se mettre à nu avec une irradiante ferveur, tout comme dans "The Woman In You" et "Two Hands Of A Prayer". Un beau disque, qui aura nécessité six mois de préparation. D'où son impressionnante perfection.
C’est à partir de séquences live mais également d’images prises sur le vif d’un artiste à la générosité déjà légendaire que le photographe-cinéaste Danny Clinch a réalisé ce portrait de Ben Harper, sur la route et dans la « vraie » vie. Bénéficiant de sous-titres en français, le DVD très attendu confirme aussi la disparité musicale et la qualité des multiples engagements (en faveur de la cause tibétaine notamment) d’un artiste sans frontière, concerné par l’environnement sous toutes ses formes, et d’une discrétion exemplaire. Le concert donné à Claremont (Californie) avec ses Innocent Criminals le montre brassant les styles et les genres (folk, blues, soul, rock) avec l’aisance de ceux que seule une foi inébranlable en leur art caractérise.
Grosse surprise pour ceux qui avaient découvert Ben Harper avec "Welcome To The Cruel World". "The Will To Live", troisième album, débute avec des guitares saturées et une batterie énorme. Rarement le plus pessimiste des hommes, Harper charrie ici son lot d'inquiétudes, évoquant divers sujets délicats, dont l'écologie, un thème qui le passionne. "Homeless Child" est un blues primitif qui aurait pu être enregistré dans les années quarante, "Number Three", instrumental fragile, renoue avec la délicatesse acoustique du premier album, et "Roses From My Friend" sonne comme du Lou Reed chanté par Curtis Mayfield. Toutes références de premier choix pour un album varié et plus accessible que les précédents.
"With My Own Two Hands" comme à Kingston, "When It's Good" remonté du Delta ou "Diamonds On The Inside", folk-rock susceptible de s'immiscer sur toutes les ondes et les lèvres du monde, Ben Harper continue de séduire en jouant le pluralisme. Le reggae, le blues, le rock en bois et le folk assis sont ses vraies valeurs et, lorsqu'il ose titiller le psychédélisme ("Touch From Your Lust") ou pousser la mélodie vers des nuages de cordes et d'accordéon ("When She Believes"), ce singer-songwriter déterminé parvient presque à émouvoir. Crédible comme Lenny Kravitz lorsqu'il affirme que "c'était mieux avant", Ben Harper n'en reste pas moins concerné par aujourd'hui ("Temporary Remedy"), même si les chroniques amoureuses transies au pied levé ("She's Only Happy In The Sun") se révèlent sa spécialité.
Sur la pochette, un visage grimace de douleur derrière un rideau de flammes infernales. Le titre veut dire "bats-toi pour ton esprit", et l'album débute par une chanson nommée "oppression". Ben Harper sortait avec ce deuxième album son essai le plus engagé, celui où l'influence de son idole Bob Marley se ressent le plus, dans le fond plutôt que dans la forme. Avec "Ground On Down", Harper électrifie pour la première fois salement sa guitare Weissenborn (guitare faite d'une seule partie de bois évidé, que l'on joue à l'horizontale, et uniquement fabriquée avant guerre), et son chant, curieux amalgame de yodels, falsettos et grognements soul, s'énerve sensiblement. Au final, un album engagé mixant plusieurs aspects des musiques noires américaines (soul, blues, funk et musique de la Nouvelle-Orléans).