Sur la pochette, un visage grimace de douleur derrière un rideau de flammes infernales. Le titre veut dire "bats-toi pour ton esprit", et l'album débute par une chanson nommée "oppression". Ben Harper sortait avec ce deuxième album son essai le plus engagé, celui où l'influence de son idole Bob Marley se ressent le plus, dans le fond plutôt que dans la forme. Avec "Ground On Down", Harper électrifie pour la première fois salement sa guitare Weissenborn (guitare faite d'une seule partie de bois évidé, que l'on joue à l'horizontale, et uniquement fabriquée avant guerre), et son chant, curieux amalgame de yodels, falsettos et grognements soul, s'énerve sensiblement. Au final, un album engagé mixant plusieurs aspects des musiques noires américaines (soul, blues, funk et musique de la Nouvelle-Orléans).
En débarquant avec ce premier album sous le bras en 1993, Ben Harper, sans se faire remarquer chez lui aux Etats-Unis, fit chavirer le coeur des Français. Entre Ry Cooder (pour son usage quasi exclusif de la guitare "slide"), Bob Marley, Ritchie Havens, Neil Young et Bob Dylan, son folk triste et plaintif rejoignait également les grands dépressifs du blues d'avant-guerre, Skip James et Blind Willie Johnson en tête. Certains morceaux comme le sublime "The Three Of Us" - poignant instrumental - , "Waiting On An Angel" ou le caribéen "Mama's Got A Girlfriend" s'approchent de la perfection, tandis que d'autres mettent carrément le doigt dessus, comme cet impérial "Pleasure And Pain", son inoubliable mélodie et ses textes à double sens (le SIDA ?). "Like A King" évoquait à la fois Rodney et Martin Luther du même nom, tandis que Ben Harper lançait sa carrière avec ce disque qui, pour beaucoup, reste son meilleur.
Ben Harper & The Innocent Criminals - Burn to shine
Pour son quatrième album, Ben Harper et son groupe les Innocent Criminals, décident d'enfoncer le clou via un extrémisme appliqué à toute la palette d'émotions caractérisant habituellement le chanteur/guitariste. Le morceau "Burn To Shine" est un gros boogie que ne renieraient pas les Black Crowes, "Suzie Blue" baigne dans des arrangements jazz des années trente, et "In The Lord's Arms" est une sorte de néo-gospel folk qui voit Harper se mettre à nu avec une irradiante ferveur, tout comme dans "The Woman In You" et "Two Hands Of A Prayer". Un beau disque, qui aura nécessité six mois de préparation. D'où son impressionnante perfection.
C’est à partir de séquences live mais également d’images prises sur le vif d’un artiste à la générosité déjà légendaire que le photographe-cinéaste Danny Clinch a réalisé ce portrait de Ben Harper, sur la route et dans la « vraie » vie. Bénéficiant de sous-titres en français, le DVD très attendu confirme aussi la disparité musicale et la qualité des multiples engagements (en faveur de la cause tibétaine notamment) d’un artiste sans frontière, concerné par l’environnement sous toutes ses formes, et d’une discrétion exemplaire. Le concert donné à Claremont (Californie) avec ses Innocent Criminals le montre brassant les styles et les genres (folk, blues, soul, rock) avec l’aisance de ceux que seule une foi inébranlable en leur art caractérise.
Sur la pochette, un visage grimace de douleur derrière un rideau de flammes infernales. Le titre veut dire "bats-toi pour ton esprit", et l'album débute par une chanson nommée "oppression". Ben Harper sortait avec ce deuxième album son essai le plus engagé, celui où l'influence de son idole Bob Marley se ressent le plus, dans le fond plutôt que dans la forme. Avec "Ground On Down", Harper électrifie pour la première fois salement sa guitare Weissenborn (guitare faite d'une seule partie de bois évidé, que l'on joue à l'horizontale, et uniquement fabriquée avant guerre), et son chant, curieux amalgame de yodels, falsettos et grognements soul, s'énerve sensiblement. Au final, un album engagé mixant plusieurs aspects des musiques noires américaines (soul, blues, funk et musique de la Nouvelle-Orléans).
Ben Harper, The Blind Boys of Alabama - Live at then Apollo. En 2004, Ben Harper a créé l’événement en enregistrant avec les Blind Boys Of Alabama, un groupe vocal invité au début et à la fin de ses shows au cours de sa dernière tournée européenne. Parce que Ben Harper ne fait jamais les choses à moitié ou sans passion, There Will Be A Light a pris des allures d’authentique collaboration, chacun contribuant à des titres essentiellement originaux, ou mettant un point d’honneur à revisiter avec brio Well, Well, Well de Bob Dylan et Danny O’Keefe. Ce concert, enregistré l’an passé au mythique Apollo de New Harlem, permet d’apprécier la fructueuse collaboration en live. Le show démarre par l’instrumental 11th Commandment puis Harper et ses prestigieux invités se consacrent à leur répertoire commun. Ils le laissent ensuite seul sur les planches pour une partie acoustique qui précède un retour des bouillants Innocent Criminals (le groupe de Ben). De la soul pop et moderne, à même le chaudron.