Il y a deux ans, un nouveau venu nommé Roots Manuva créait la sensation au sein de la scène hip-hop britannique. Créé à partir de matériaux typiquement anglais et jamaïcains, son style inédit pouvait soutenir la comparaison avec les productions des maîtres américains. Une grande première. A la différence de ces derniers, Roots a choisi le maquis artistique. Son objectif n’est pas de vendre des disques par millions mais de réaliser librement sa musique.
Fort de cette démarche peu courante, il livre un deuxième disque ample et sombre, souvent cosmique. Voilà enfin des sons (signés principalement par lui) rafraîchissants pour qui est confronté aux sempiternels boucles, beats et samples à succès.
Tour à tour badin et contrarié, Roots exprime ses tourments au micro en usant d’un flow proche des toasters. Ce drôle d’oiseau qui embrasse le chaos n’a rien d’un macho.